14/12/2008 Jack Swarden : 13ème jour - Mise en quarantaine

7h15. Toujours ce même cauchemar qui m’a poursuivi toute la semaine. Je préférerai tellement que ce soit cette stupide Merika d’Orakis qui en fasse les frais afin de pouvoir jubiler dans mon sommeil à défaut de m’éclater la poire dans cet environnement de débiles profonds. Je n’ai presque plus le temps de me consacrer à l’écriture de ce journal, que je ne nommerai pas comme le font la plupart des adolescentes abruties par ce désir de personnification, non envieuses d’admettre que tout le monde se fiche éperdument de leurs histoires sentimentales ; cela leur servant d’excuse et préférant annoncer leur orgueil en déclarant « NON, c’est secret ! Et personne ne doit lire »… cela fait moins mal… psychologiquement. D’ailleurs si un crétin trouve ce journal un jour, qu’il sache bien qu’il est un crétin à mes yeux et qu’il n’apprendra vraiment rien d’intéressant ! Sur ce, longue journée de travail.

10h30. Winnie a dévasté toute la réserve personnelle de miel que Morris gardait précieusement pour le jour où il reviendrait à la vie.

11h25. La paperasse. Encore de la paperasse. L’Asylum se vide, détenu après détenu. J’ignore encore la véritable raison qui se cache derrière tout cela, les autorités supérieures refusent de nous en informer. Et on doit obéir comme des larbins. Du coup, moins de travail et les employés sont satisfaits. Olga n’a plus fait grève depuis une dizaine de jours. On a eu toutefois quelques accidents. Pourtant c’est pas faute de répéter sans cesse au personnel de ne pas laisser ses membres à portées des pensionnaires.

17h30. Une autre peinture a fait son apparition, juste à coté du tableau avec le puits. C’est une représentation, dont je trouve le trait assez médiocre, de la pierre runique de Caer Darrow. Dérangeant, comme le premier. Il faudrait que je me renseigne sur l’artiste, si seulement j’en éprouvais l’envie suffisante pour combattre ma flemme. Je me contente donc de subir cette attaque artistique qui a l’avantage de calmer les employés.

19h10. Rien ne va plus. Une expérience a dégénéré dans le quartier scientifique. J’ai fait placer les laboratoires Alpha et Gamma en quarantaine, séquestrant toutes les équipes qui y travaillaient. Je ne sais pas quoi faire. Il ne faut pas que ça s’ébruite. Les laboratoires Beta et Delta sont en suractivité pour trouver une solution. J’hésite actuellement à envoyer des héros sur place, mais qu’elles en seraient les conséquences ?

04/12/2008 Jack Swarden : 9ème jour - Le puits et le pendule

7h15. Je suis tombé du lit cette nuit. Morris avait les larmes aux yeux. J’ai d’abord cru qu’il se moquait de moi mais il s’avéra être dans un état second, paralysé par une vision d’horreur. Un peu comme je l’étais, englouti dans mon propre rêve. L’image me revient encore : j’étais solidement attaché par d’immenses sangles, couché sur un muret de fer. Au dessus de moi, un immense pendule oscillait, et chaque temps marquait un peu plus sa descente vers moi, me menaçant de son croissant de fer… tic-tac… tic-tac. Lorsque sa pointe commença à déchiqueter ma chair, je ressentis une douleur si réelle qu’elle me réveilla. Sueurs froides. Ce n’était qu’un cauchemar. Mais qui me sembla si vrai.

10h15. Nous avons accueillis deux frères d’une perversité sans pareille. Ils ont également été les premiers à se voir appliquer le nouveau décret. Pour cela, les autorités supérieures nous ont confié une immense coupe flamboyante qui crache des noms au hasard. L’heureuse gagnante se trouvait être une certaine Merika d’Orakis. J’ai aussi envoyé deux de mes nouveaux psychiatres, Marshall Truc et Alaunirae Cassepatte. Je crois que l’information a été très bien reçu de Dame d’Orakis.

19h15. L’information a été très mal reçue de Dame d’Orakis qui a exigé un entretien immédiat. Une vraie chieuse comme on en fait plus ! Elle me traitait limite d’imbécile devant mes employés. Mal éduquée et ingrate. Comme si le fait d’être enceinte pouvait justifier de ne pas prendre en charge deux pervers sexuels violents ?! Par moment, j’ai vraiment l’impression que ces Héros sont déconnectés de la réalité. Après lui avoir fait avaler le Codex de 6000 pages , et négocié un certain nombre de détails, elle m’a forcé à accepter de souper avec elle… je ne suis pas sûr d’en revenir.

21h15. Olga a accroché un nouveau tableau dans le Hall Inférieur. Une vague peinture d’un puits au milieu d’une forêt. Je suis resté trente minutes devant, comme hypnotisé. Pourtant y a quelque chose qui cloche dans cette image… je ne saurais dire quoi. Winnie m’a ramené à la réalité en me mordillant l’ourlet de mon pantalon, afin que je le nourrisse. Le pauvre était affamé.

23h20. Nous avons reçu tardivement une nouvelle résidente. Une tarée qui s’appelle Mamba Coupe-Coupe et qui coupe toutes les têtes qui lui reviennent pas, la plupart parce qu’elles sont moches. Je crois. Enfin la Coupe Flamboyante a décidé que ce serait un certain Major Tarnhelm Hellenlicht qui la prendrait en charge.

28/11/2008 Jack Swarden : 6ème jour - Nouveau décret

13h28. Quelque chose est entré dans l’Asylum. J’ai senti comme un courant d’air alors que toutes les portes étaient fermées. Les lampes vacillaient. Mes doigts se sont figés, j’étais en alerte, immobile. Morris n’est pas très rassuré. J’hésite à prévenir le personnel, avec tous leurs caprices ils seraient capables d’aligner ce phénomène sur leurs réclamations salariales. Cette nuit, les veilleurs seront doublés sur l’ensemble de l’Asylum, et quadruplés au QHS. Dommage pour ceux qui attendaient cette fin de semaine pour retrouver leur famille, ils attendront sept jours de plus.

15h42. Les autorités supérieures ont décrété, afin de désengorger l’Asylum, que certains cas seraient placés sous la tutelle de Héros. Tout héros ayant mis le pied au moins une fois à Dalaran est désormais susceptible d’être convoqué et de devenir responsable d’un malade mental. Evidemment, ils devront pointer régulièrement à l’Asylum et tenir un cahier des faits et d’évolution du patient. Je suis sceptique.

17h01. J’ai racheté un nouveau tapis.

19h15. La Garde de Hurlevent m’a prévenu qu’elle détenait trois tarés. J’ai envoyé une équipe de psychiatres et infirmiers aller les chercher. Hors de question que je me déplace. J’ai suffisamment à faire ici et Winnie ne supporterait pas le voyage.

27/11/2008 Jack Swarden : 5ème jour - Un cannibale

11h20. Après discussion avec le psychiatre Deniev hier soir, je pense qu’il faudrait assigner un spécialiste à la cellule 217. Sincèrement, ces superstitions commencent à m’agacer sérieusement. Le personnel devient improductif. Tout est prétexte à flemmarder. Morris a essayé de lancer une campagne de bonheur collectif qu’il a baptisé « Travailler et Vivre Ensembles ». Un succès contestable. Seuls les fous de l’Aile Ouest Inférieure ont applaudi, devant le regard ébahi d’Olga.

15h32. Winnie a mangé le tapis de l’accueil. On peut désormais lire « Bien…nue». Winnie me doit 20 pièces d’argent pour l’achat d’un nouveau tapis. Je lui ai également ouvert un compte d’épargne à la banque pour payer sa formation d’Ours de Garde quand il sera majeur. Je prélève 2% du salaire de chacun que je reverse directement sur ce compte. Je dirais aux employés que les taxes salariales ont augmenté.

19h01. La psychiatreDaeriane m’a signalé qu’un patient était fortement affamé et que ce matin encore, un aide-soignant a perdu deux doigts en C219. Nos laboratoires recherchent un moyen de calmer l’individu. En attendant, j’ai demandé à ce qu’on lui colle un casque en fer sur la tête, mais personne ne s’est dévoué. Je me demande si la petite Épine se porterait volontaire.

25/11/2008 Jack Swarden : 4ème jour - Visites et entretiens

07h52. J’ai faim. Un imbécile nommé Trënt m’a réveillé. Le genre de type louche qui joue les mystérieux… tu parles. Il m’a posé plein de questions sur l’Asylum. En plus il avait une lettre collée à la main avec un cachet de cire, j’ai cru que c’était le facteur. Je l’ai expédié presto, avec sa curiosité déplacée ! Et Morris de ronfler pour mieux me narguer. Je ne comprends pas pourquoi il continue à dormir… il n’en a plus besoin, ce sale cadavre ambulant.

15h32. J’ai joué avec Winnie. Je lui ai acheté du savon et une brosse. Ça moussait de partout en faisant des bulles. Ce stupide animal doit probablement m’apprécier mais moi je ne l’aime pas QUOIQU’EN DISENT les agents sanitaires. J’ai un entretien à 18h45. Je ne supporte pas être dans l’attente. Et puis demain il faut que j’organise le transfert d’un psychopathe depuis Hurlevent. Ça me gonfle. Winnie a bien de la chance : manger, jouer, dormir. Morris aussi, en même temps.

19h01. 27 secondes de retard. Inadmissible ! J’ai cru que j’allais la balancer par la fenêtre quand elle est arrivée en s’excusant. Heureusement elle s’est rattrapée à l’entretien en me racontant une blague pas drôle : c’est ainsi que j’ai embauché Mlle Briseciel. Les hurlements ne la gênent pas. Les odeurs, elle ne les sent pas. Morris ne l’aime pas. Tout ce qu’il fallait. Et en plus elle est mignonne pour un cadavre.
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